Congé supplémentaire de naissance 2026 : ce qui change pour les parents

L’arrivée d’un enfant est un moment clé dans la vie des parents, souvent accompagné de défis organisationnels et professionnels. La Loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026), définitivement adoptée le 16 décembre 2025, introduit un congé supplémentaire de naissance de 1 ou 2 mois, offrant une flexibilité inédite aux salariés et aux travailleurs indépendants. Ce dispositif, qui entrera en vigueur dès le 1er janvier 2026, vise à renforcer l’équilibre entre vie professionnelle et familiale, tout en sécurisant les droits des parents.
Mais quelles sont les modalités pratiques de ce congé ? Qui peut en bénéficier ? Comment est-il indemnisé ? Cet article fait le point sur les conditions d’accès, les droits des salariés, et les impacts concrets pour les employeurs et les familles.
Un congé supplémentaire de 1 ou 2 mois : flexibilité et choix
Qui peut en bénéficier ?
Le congé supplémentaire de naissance s’adresse à tout salarié ayant épuisé son droit à congé de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant, ou d’adoption. Une exception existe pour les salariés n’ayant pas pu bénéficier des indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS) pendant ces congés. Chacun des deux parents peut en profiter, de manière simultanée ou successive, pour une durée de 1 ou 2 mois au choix (LFSS art. 99, VI ; c. trav. art. L. 1225-46-2 nouveau).
Une salariée ayant pris un congé de maternité de 16 semaines pourra, à l’issue de ce congé, demander un congé supplémentaire de 2 mois, tandis que son conjoint pourra également en bénéficier pour 1 mois.
Modalités de prise du congé
- Fractionnement possible : Le congé peut être divisé en deux périodes d’1 mois, selon des modalités précisées par décret.
- Pas de temps partiel : Contrairement à d’autres dispositifs, ce congé ne peut pas être transformé en période de réduction d’activité (étude d’impact du projet de loi, p. 371).
- Délai de prévenance : Le salarié doit informer son employeur de la date et de la durée du congé, dans un délai fixé par décret (entre 15 jours et 1 mois). Ce délai est réduit si le congé est pris immédiatement après un congé de paternité ou d’adoption.
À noter : Le congé doit être pris jusqu’au 9e mois de l’enfant, soit immédiatement après le congé de maternité/paternité, soit après une reprise du travail.
Droits et protections pendant le congé
Sécurité de l’emploi
Pendant le congé supplémentaire de naissance, le contrat de travail est suspendu, mais le salarié bénéficie d’une protection renforcée :
- Interdiction de licenciement, sauf faute grave ou motif étranger à la naissance (LFSS art. 99, VI, 1° ; c. trav. art. L. 1225-4-5 nouveau).
- Maintien des avantages acquis avant le congé (ancienneté, avantages sociaux, etc.).
- Retour à un emploi équivalent à l’issue du congé, avec une rémunération au moins égale (LFSS art. 99, VI ; c. trav. art. L. 1225-46-6 nouveau).
Reprise anticipée
En cas de décès de l’enfant ou de diminution importante des ressources du foyer, le salarié peut reprendre son activité avant la fin du congé (LFSS art. 99, VI ; c. trav. art. L. 1225-46-5 nouveau).
Indemnisation : comment ça marche ?
Pour les salariés
Le congé supplémentaire de naissance ouvre droit à des indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS), sous conditions :
- Cessation totale d’activité professionnelle.
- Montant : 70 % du salaire net antérieur le premier mois, 60 % le second mois (dans la limite du plafond de la sécurité sociale).
- Régime social et fiscal : Les IJSS sont soumises à la CSG (6,20 %), à la CRDS (0,50 %) et à l’impôt sur le revenu (étude d’impact du PLFSS, p. 373).
Attention : Ces indemnités ne sont pas cumulables avec d’autres prestations (chômage, allocations parentales, etc.).
Pour les travailleurs indépendants
Les travailleurs indépendants (mère, père, conjoint, parents adoptifs) peuvent aussi bénéficier d’IJSS supplémentaires, à condition de cesser leur activité. Le montant et la durée seront précisés par décret.
Entrée en vigueur et champ d’application
Quand ce congé s’applique-t-il ?
Le dispositif concerne les enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026, ainsi que ceux nés avant cette date mais dont la naissance était prévue à partir de janvier 2026.
Point de vigilance : L’application effective du congé dépend de la publication des décrets, notamment sur l’indemnisation.
Congé supplémentaire de naissance vs congé parental d’éducation
Le congé supplémentaire de naissance ne remplace pas le congé parental d’éducation. Les parents peuvent enchaîner les deux dispositifs :
- Congé de maternité/paternité.
- Congé supplémentaire de naissance (1 ou 2 mois).
- Congé parental d’éducation (si souhaité).







